Décryptage du rapport Business et Biodiversité de l’IPBES 2026

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Le 6 mai 2026 par Paola Krug & Florine Verrière


Entreprises et Biodiversité : l’IPBES sonne l’heure de la transformation systémique

 

Le 8 février 2026, l’IPBES (Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques), a publié sa première évaluation méthodologique sur l’impact et la dépendance des entreprises à la biodiversité et les services écosystémiques. Le rapport 1 met en évidence de façon incontestable le lien structurel entre performance économique et santé des écosystèmes. Les entreprises doivent mesurer leurs impacts et dépendances et devenir un acteur positif de la régénération de la biodiversité.

 


Le message clé numéro 1 : la perte de biodiversité est l’un des risques systémiques les plus forts qui pèse sur nos sociétés

 

 

Cette évaluation intervient à un moment charnière où l’action pour freiner l’érosion de biodiversité est une priorité.

Il s’inscrit dans la lignée du Cadre mondial pour la biodiversité de Kunming-Montréal de 2022 2 qui définit une voie ambitieuse à atteindre d’ici 2050, la vision d’une société en harmonie avec la nature, où les gouvernements et autorités locales engagent des actions transformatrices pour la restauration et la préservation du vivant.

 

La croissance économique mondiale a connu une augmentation très significative. Cependant, cette prospérité a été obtenue aux détriments de la nature, de la biodiversité et des ressources naturelles, qui sont aujourd’hui fortement en déclin.

Les flux financiers ayant un impact négatif direct sur la nature, tels que les subventions nocives et les investissements dans des secteurs à fort impact, ont atteint 7 300 milliards de dollars en 2023. A côté de cela, les populations de vertébrés sauvages ont diminué de 73% en 50 ans 3.

 

Et pourtant, le rapport souligne clairement que la perte de biodiversité constitue l’une des menaces les plus graves pour l’économie et notre société. Il est essentiel de prendre des mesures pour préserver la biodiversité et ses ressources naturelles.

 


Le message clé numéro 2 : toutes les entreprises dépendent de la nature

Toutes les entreprises, sans exception, dépendent de la biodiversité et l’impactent. Peu importe leurs tailles ou secteurs d’activités, tous les secteurs économiques sont concernés par cette dépendance à la nature. Même si ces notions de dépendances sont aujourd’hui mal évaluées et mal appréhendées, le constat est clair.

 

Schématisation des impacts et dépendances des entreprises à la Nature réalisé par Pando Transition

Schéma des dépendances et impacts des entreprises à la Nature

 

  • Dépendances : La nature fournit des services écosystémiques tels que des matières premières, de l’énergie, et régule les conditions environnementales (eau, pollinisation, contrôle de l’érosion).
  • Impacts : La majorité des actions humaines restent négatives, les prétendus « impacts positifs » sont souvent que de simples réductions de dommages.

Pourtant, cette relation d’impact / dépendance fort à la nature constitue aujourd’hui une faille de stratégique dans le monde économique. Les entreprises n’évaluent pas ce risque et avancent sans indicateurs sur ce sujet, s’exposant ainsi à des menaces financières et opérationnelles qu’elles n’ont pas anticipées.

 

Schématisation des risques et opportunités des entreprises à la Nature par Pando Transition

Schéma des risques et opportunités des entreprises à la Nature

 

Enfin, déclin du vivant génère des risques physiques, de transition (nouvelles régulations) et systémiques qui menacent la stabilité financière mondiale. Si les entreprises perçoivent peu ces risques, ce sont les opportunités liées à la Nature qui sont également une voie d’harmonie forte.

 

 


Le message clé numéro 3 : toutes les entreprises peuvent être un acteur de changement positif pour la nature

 

L’IPBES souligne que les entreprises peuvent être des agents de changement positif si elles disposent et mettent en place un cadre favorable.

 

1. Mesurer pour agir

Il n’existe pas de méthode unique, mais un ensemble d’outils adaptés. Ces outils ont leur intérêt propre dans un cadre donné, qui est à bien positionner pour chaque approche :

  • Approches « Bottom-up » : Observations sur site et cartographie participative pour des décisions opérationnelles précises.
  • Approches « Top-down » : Analyse de cycle de vie et modèles macro-économiques pour les décisions au niveau du portefeuille ou de la chaîne de valeur.

 

2. Transformer le modèle de décision

Les entreprises peuvent agir à plusieurs niveaux :

  • Corporate : définir des directions claires et des actions dans la stratégie globale et la gouvernance afin d’obtenir des engagements clairs sur la biodiversité.
  • Opérations : Appliquer la hiérarchie d’atténuation sur site (éviter, réduire, restaurer, compenser).
  • Chaîne de valeur : Agir directement sur les impacts ou influencer les acteurs en amont et en aval (améliorer la traçabilité et la collaboration avec les fournisseurs).
  • Portefeuille : réorienter les flux financiers vers des activités à impact positif, de restauration et conservation de la nature.

 

3. Collaborer pour être efficace

Le rapport insiste sur l’importance de la coopération et de la collaboration pour créer un environnement favorable où la biodiversité est intégrée à tous les niveaux : état et politiques publiques, finance, monde économique et société civile. Si aujourd’hui les conditions actuelles du marché ne sont pas compatibles avec un futur durable, cela peut être corrigé grâce à des actions concrètes identifiées dans le rapport.

 

Parmi elles, il est important de rappeler que le temps long des cycles de la nature et la valeur du vivant doivent être mieux intégré aux modèles d’affaires des entreprises et au processus décisionnel (résultats financiers trimestriels vs temps centenaires de la vie d’un arbre par exemple).

 

Les connaissances scientifiques doivent être mieux intégrées, digérées et expliquées aux entreprises pour cette transition.

 

Aussi, coopérer avec les peuples autochtones, véritables gardiens de la nature, est un des fondamentaux identifié par l’IPBES.

 


Et maintenant, comment agir pour la Nature ? Pando Transition accompagne la transformation des entreprises

 

Face aux constats de l’IPBES, les entreprises ne peuvent plus se contenter d’ajustements marginaux. Elles ont besoin d’un accompagnement structuré pour passer de la prise de conscience à l’impact positif.

En tant que société à mission, Pando Transition propose un parcours dédié pour mettre en lumière l’importance du vivant et intégrer la biodiversité au cœur de la stratégie de l’entreprise.

 

Se former et se mobiliser : sortir de l’ignorance stratégique

Rendre les enjeux de la biodiversité accessibles et compréhensibles pour tous les niveaux de l’organisation permet d’insuffler l’envie d’agir :

  • Acculturation des équipes pour créer une culture commune autour du Vivant.
  • Formation des décideurs pour qu’ils intègrent ces enjeux dans la vision à long terme.
  • Traduction des enjeux globaux en implications concrètes et opérationnelles pour l’entreprise.

 

Mesurer son impact biodiversité : poser un diagnostic crédible

L’IPBES souligne que l’action commence par la mesure. Identifier ses impacts et ses dépendances permet de poser un diagnostic clair :

  • Analyse des activités et de la chaîne de valeur pour repérer les points de vulnérabilité, notamment là où l’entreprise dépend de ressources naturelles fragiles et impacte des écosystèmes précieux.
  • Identification des risques physiques, de transition et systémiques liés au déclin du vivant.
  • Mise en évidence des leviers d’action prioritaires sur lesquels l’entreprise peut agir immédiatement.

ENCORE, IBAT, TNDF, SBTN, GBS, ADN environnemental, suivi écologiques, …

Mesure quantitative ou qualitative, monétaire ou non monétaire, …

 

Les outils et méthodes d’évaluation foisonnent et cela peut parfois perdre les entreprises.

 

L’IPBES souligne bien l’importance de cette diversité selon le cadre et contexte visé (corporate, opérations, chaîne de valeur, portefeuille). C’est pour cela que nous proposons pour chacun de nos clients, l’outil adéquate par rapport à sa problématique. Nous utilisons par exemple, le Diag’Biodiversité de Bpifrance, très adapté pour comprendre les impacts et dépendances de PME.

 

Définir une stratégie biodiversité : intégrer la nature au cœur de son modèle

Sur la base de ce diagnostic, une stratégie robuste est co-construite, avec les équipes de direction, les parties prenantes internes et externes pour transformer le modèle d’affaires :

  • Priorisation des enjeux les plus matériels pour l’activité et l’environnement.
  • Définition d’objectifs ambitieux, alignés sur les cadres mondiaux et réalistes par rapport aux ressources de l’entreprise.
  • Élaboration un Plan de Transition Nature hiérarchisé pour atténuer les impacts sur la nature : éviter avant tout, réduire, puis restaurer.

 

Se lancer… maintenant

 

Pour conclure, le rapport de l’IPBES confirme une réalité désormais incontournable : la biodiversité est un enjeu stratégique vital pour les entreprises.

Les connaissances et les outils existent : le sujet n’est plus de comprendre, mais d’agir.

 

Pando Transition accompagne les entreprises dans cette transformation nécessaire, de la compréhension intime des enjeux jusqu’à leur mise en œuvre opérationnelle sur le terrain.

Photographie Elephant - Tanzanie - cc Paola Krug